LES CONNEXIONS CORPS -ESPRIT

Article écrit par Grazyna KOPERNIAK

Maladies psychosomatiques
Le terme « maladies psychosomatiques » signifie les maux physiques ayant leur origine dans le psychisme, donc liés à une souffrance de l’individu.
Ce concept apparaît dans le vocabulaire médical dans la première moitié du XXème siècle. Les observations faites par Freud et Breuer démontraient que les névroses n’étaient pas des troubles fonctionnels du système nerveux central mais l’expression symbolique de conflits intrapsychiques. A la division des maladies entre physiques (somatiques) et mentales (psychiques) il était donc nécessaire d’ajouter un autre terme (psychosomatique) qui désignait les maladies proches de névroses (accompagnées des conflits intrapsychiques) qui présentaient cependant des symptômes organiques bien concrets.

Aujourd’hui ce terme est utilisé pour désigner des maladies (des symptômes physiques) qui requièrent l’exploration de la biographie du patient et de son état d’esprit. Il n’est jamais utilisé pour désigner des symptômes mentaux secondaires aux causes organiques comme, par exemple, une dépression consécutive à une tumeur cérébrale.

Les recherches et observations entreprises par la suite suggèrent que de nombreuses maladies physiques surviennent plus fréquemment chez les individus dont la personnalité est rigide, qui sont sujets au stress, qui ont connu auparavant des bouleversements dans leur vie ou qui ont perdu le contact avec les autres.

Les données qui soutenaient le plus l’approche psychosomatique proviennent d’études portant sur l’incidence des maladies chez les sujets soumis à des contraintes (stress).

Par exemple :

L’ulcère gastrique était anormalement fréquent chez les soldats qui, pendant la Première Guerre mondiale venaient d’être affectés dans les tranchées. Le nombre des décès dus aux ulcères gastriques et duodénaux augmentait considérablement pendant les périodes de raids aériens pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le diabète fleurissait à New York aux moments de baisses de la bourse.

Chez les sujets ayant perdu leurs proches la fréquence des maladies cardiaques, des cancers, des maladies du tractus gastro-intestinal, la tuberculose pulmonaire ainsi que les accidents et les suicides sont anormalement élevée.

La séparation temporaire des nouveaux-nés d’avec leur mère entraîne une augmentation du taux de morbidité et de mortalité des enfants.

Chez les animaux le stress du à l’enfermement et/ou à d’autres frustrations affecte le fonctionnement de presque tous les organes.

Pendant plusieurs années il s’est avéré cependant extrêmement difficile de déterminer des processus exacts intervenant dans chaque type de pathologie.

Interactions corps-esprit
Depuis quelques années un nouveau département de la médecine : la psycho-neuro-endocrino-immunologie démontre expérimentalement l’existence d’une interaction continuelle entre notre corps et notre psychisme. Les représentants de cette branche de la médecine considèrent notre organisme comme un tout. Ils confirment scientifiquement que les liens étroits existent entre la conscience (psycho), le système nerveux (neuro), les sécrétions hormonales (endocrino) et les mécanismes de défense utilisés par l’organisme (immuno) et apportent des preuves que le psychisme a une influence sur l’état de santé (ou de maladie) bien plus grande qu’on ne le supposait.

Cela veut dire que l’esprit peut jouer un rôle tout à fait significatif dans la lutte contre la maladie et qu’aujourd’hui nous disposons des preuves convaincantes que nos croyances, nos pensées et nos émotions peuvent avoir un effet significatif sur notre capacité à stimuler les mécanismes de guérison.

Exemples de connexions
Mais comment fonctionne réellement une connexion entre l’esprit et les gènes ?
Selon les spécialistes :
sous l’effet du stress « mental » le système hypotalamo-lymbique, dans le cerveau, transforme les messages neuraux de l’esprit en « molécules messagères » neurohormonales corporelles. Celles-ci, à leur tour, peuvent conduire le système endocrinien à produire des hormones stéroïdes qui, pour moduler l’expression génétique, peuvent atteindre le noyau de nombreuses cellules du corps. Ces gènes donnent ensuite l’ordre aux cellules de produire les diverses molécules qui vont réguler le métabolisme, la croissance, le niveau d’activité, la sexualité et les réactions immunitaires – chez les personnes en bonne santé comme chez les malades. Il y a donc bien une connexion entre esprit et gènes ! L’esprit, en dernier ressort, module en effet la création et l’expression des molécules de la vie ! *

En parlant plus simplement, nous connaissons tous des situations où une douleur aiguë créé des tensions physiques accompagnées par les tensions mentales ou émotionnelles. Ou inversement, une bonne nouvelle ou une détente psychique s’accompagne de la diminution des symptômes physiques.

Et, pour que vous puissiez expérimenter par vous-mêmes la communication corps-esprit, je vous propose deux petits exercices d’exploration :

Exercice 1 :
Installez-vous confortablement et laissez votre corps se détendre… Prenez conscience de votre respiration et remarquez comment l’air entre dans vos poumons et comment il les quitte… Relâchez les tensions musculaires autant que c’est possible… et savourez ce moment de relaxation pendant quelques instants…
Et maintenant imaginez que vous prenez dans vos mains un beau citron, bien mûr et jaune… Sentez son écorce… son parfum fruité et acide…
Imaginez que vous coupez ce citron en deux… son arôme s’intensifie… pénètre dans vos narines…
Imaginez que vous coupez une tranche de ce citron et la mettez dans votre bouche… vous sentez son goût…
Cela vous fait saliver, n’est-ce pas ?
C’est ainsi que notre imagination, notre pensée influence les processus physiologiques.

Exercice 2 :
Asseyez-vous tranquillement… Rappelez-vous un petit chagrin que vous avez vécu… Visualisez la scène, ressentez l’émotion qui l’accompagne… peut-être c’est une tristesse… ou une déception… ou une sensation d’ennui… vous seul(e) savez quelle est cette émotion qui accompagne votre souvenir… Ressentez-la bien…
Et maintenant, levez-vous. Ecartez légèrement les pieds, regardez vers le ciel, levez vos mains en haut et commencez à sauter… un… deux…trois…dix fois…vingt fois…
Et tout en sautant repensez à votre souvenir de chagrin… Est-il possible de retrouver la même émotion de tristesse ou de déception ou d’ennui qui l’accompagnait auparavant ?
Cela m’étonnerait, vraiment…
Les processus physiques (ici : les mouvements corporels) peuvent influencer les processus émotionnels.

Faire fonctionner la connexion corps-esprit
Les preuves concernant l’influence réciproque du corps et de l’esprit signifient que nous disposons des ressources efficaces pour préserver et optimiser notre santé. Encore, faut il savoir comment faire.
Les processus de communication psychocorporelle fonctionnent ordinairement de façon tout à fait autonome, sans que nous en soyons conscients. Il nous sera difficile de décrire consciemment comment nous guérissons d’un rhume ou comment notre doigt blessé a cicatrisé. Quand tout va bien, la guérison survient sans que nous ayons à y penser. Notre unité corps-esprit s’en charge.

Il existe cependant des situations où les choses ne se passent pas ainsi et où nous nous retrouvons confrontés à une maladie plus ou moins chronique ou à un accident plus ou moins grave. La question qui se pose alors est : comment pouvons-nous stimuler, renforcer ou tout simplement apprendre à utiliser consciemment les processus naturels de la communication corps-esprit pour accélérer la guérison et (re)trouver le bien-être physique et psychique ?

Il est vrai que notre compréhension de ces processus n’est pas encore complète et totale. Il est vrai aussi que des pistes intéressantes qui ont fait leurs preuves existent.
Je vous propose donc un voyage d’exploration et de découverte de la communication corps-esprit et de ses mécanismes pour que vous puissiez tout d’abord les comprendre, et ensuite apprendre à les utiliser.

* Ernest Lawrence Rossi – Psychobiologie de la guérison – Influence de l’esprit sur le corps, Edition Desclée de Brouver, 1994

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