RENFORCER NOTRE RESISTANCE IMMUNOLOGIQUE

Article écrit par Grazyna KOPERNIAK

Je vous présente les résultats de deux recherches concernant les facteurs qui renforcent (ou affaiblissent) le système immunitaire chez les personnes atteintes de deux maladies réputées comme les plus graves : la séropositivité et le cancer.
Nous pouvons tous profiter des conclusions de ces recherches puisqu’il n’est pas nécessaire, tout au moins à mon modeste avis, d’avoir une maladie grave pour commencer à prendre sa vie au sérieux et pour mettre en place les mécanismes de prévention.

Renforcer le système immunitaire des séropositifs
Une intéressante compilation des résultats de recherches effectuées dans le vaste champ de psycho-neuro-immunologie a été élaborée et expérimentée par le docteur Jeffrey Leiphart de la Life Foundation à San Diego. Ce psychologue, en travaillant avec les séropositifs et les sidéens a remarqué deux types des profils psychologiques chez ses patients :

  1. certains malades étaient très susceptibles au stress, à l’anxiété, à la peur et incapables de maîtriser leurs comportements émotionnels,
  2. d’autres étaient calmes et capables de faire face.

Il s’est alors posé une question concernant l’impact du stress sur le système immunitaire. En épluchant méticuleusement la littérature scientifique et les résultats des études entreprises par les universités américaines, il a établit une liste de 19 cofacteurs qui influencent le fonctionnement du système immunitaire.
Par la suite, il a créé son programme, appelé LIFE pour enseigner aux personnes séropositives dont il s’occupait comment agir sur ces cofacteurs pour « booster » leur immunité. Le mot « LIFE » veut dire en anglais « la vie ». Il signifie aussi « apprendre à accroître ses fonctions immunitaires ».
Ce programme, enseigné au sein de la Fondation LIFE, est une approche thérapeutique non-toxique pour renforcer le système immunitaire. Il permet d’apprendre comment contrôler son système immunitaire en agissant sur certains comportements, traits de personnalité et empreintes émotionnelles. Certains de ces facteurs se rapportent au fonctionnement psychique, d’autres concernent les soins du corps et les habitudes corporelles, d’autres enfin sont liés aux soins de la santé et à l’environnement médical.

Cofacteurs psychologiques qui relancent le système immunitaire :

  1. Avoir un but, un (des) objectif(s) à atteindre dans sa vie, rechercher ce qu’on a envie de faire et le réaliser au lieu d’être obnubilé par l’idée de la mort.
  2. Savoir ce que l’on veut et être capable de s’affirmer, être maître de son temps, de son énergie et de ses ressources.
  3. Avoir des amis sur qui on peut compter, être en contact avec au moins une personne à qui l’on peut se confier pour partager des choses personnelles sans éprouver d’inquiétude.
  4. Savoir faire face aux moments difficiles, se recentrer dans l’action sans trop d’émotivité, sans être passif.

Cofacteurs psychologiques qui affaiblissent le système immunitaire :

  1. Croire que la séropositivité signifie sida et mort certaine. Les études montrent qu’il existe de nombreux survivants à long terme et que remettre cette certitude de la mort en question est favorable à la santé.
  2. Une anxiété excessive qui agit en permanence sur le système nerveux sympathique autonome de sorte que le patient est incessamment sous pression. Apprendre à se relaxer, à faire des pauses, à réorganiser sa vie et à mieux la contrôler aide à mieux gérer sa santé.
  3. Un stress soutenu face à la nécessité de défendre sa vie, lié au syndrome « se battre ou fuir ». Il doit être remplacé par le développement de gestes quotidiens qui aident à renouer avec le sentiment de sécurité.
  4. Le chagrin lié à la perte des êtres proches. Ce chagrin, une fois identifié peut être apaisé et devient alors inoffensif.
  5. La déprime ou la dépression permanente, le manque de la joie et de l’enthousiasme pendant une période importante. Il est nécessaire de retrouver le plaisir de vivre, de faire ce qu’on a envie de faire, de s’engager dans une (des) action(s) qui ont du sens pour la personne.

Cofacteurs liée à la santé corporelle et aux habitudes de vie :

  1. Des exercices de respiration profonde,
  2. Absorber de l’eau pour bien éliminer,
  3. Appétit et alimentation : la qualité et la quantité de nourriture influencent le système immunitaire,
  4. Le sommeil : plusieurs nuits de sommeil perturbé et le manque de repos affaiblissent le système immunitaire,
  5. Les produits toxiques : cigarettes, alcool, drogues, etc. affaiblissent le système immunitaire et sont à éviter,
  6. L’exercice physique, en douceur aide à renforcer la santé et à garder l’équilibre.

Cofacteurs liés aux comportements face à la santé et aux questions médicales

  1. Eviter tous les comportements qui favorisent la transmission de virus et de germes.
  2. S’occuper activement de sa santé.
  3. Etre concerné par son état de santé.
  4. Avoir une relation suivie et volontaire avec un thérapeute compétant.

Selon Jeffrey Leiphart le travail le plus important est à effectuer sur notre capacité à gérer le stress à long terme, la dépression, le chagrin, le sens de sa vie (sa raison d’être) et sur le fait d’être bien entouré, d’avoir des amis à qui l’on peut se confier. A cela s’ajoute le (ré)apprentissage concernant la capacité de s’occuper de soi (au lieu de s’occuper des autres). Il s’agit donc des facteurs essentiellement psychologiques.

Agir contre le cancer
Un autre chercheur, David Servan-Schreber, a entrepris des recherches pour découvrir et appliquer dans sa vie les principes d’une « biologie anti-cancer ». Son livre « Anticancer » présente les résultats des études les plus récentes concernant les différentes possibilités de lutter avec cette maladie. Il y décrit quatre approches que tout un chacun peut développer pour renforcer son système immunitaire et tenir les cancers à une bonne distance de soi :

Se prémunir contre les déséquilibres des l’environnement installées depuis 1940 :

Diminuer la consommation de sucres raffinés et de farines blanches (…) des margarines, des graisses hydrogénées et des graisses animales (viande, produits laitiers, œufs) issus d’une agriculture déséquilibrée depuis la Seconde Guerre mondiale (…), éviter l’exposition aux contaminants de l’environnement apparus depuis 1940 qui s’accumulent dans les graisses animales.*

Ajuster son alimentation pour réduire les promoteurs du cancer et inclure des composés phytochimiques qui luttent activement contre le cancer :

Si l’environnement de la tumeur est dépourvu des facteurs inflammatoires nécessaires à sa croissance, elle ne réussit pas à se développer. Or, ces facteurs « ces engrais pour le cancer » sont directement tributaires de notre alimentation : sucres raffinés ( …) manque d’oméga-3 et excès d’oméga-6 (…) hormones de croissance présents dans la viande et certains produits laitiers. Inversement, l’alimentation fournit aussi les « antipromoteurs » : tous les composés phytochimiques de certains végétaux ou de certains fruits, qui contrebalancent directement les mécanismes inflammatoires.*

En effet, c’est l’alimentation qui créé la différence principale entre les populations qui se caractérisent par le plus fort taux de cancer et celle où ce taux est le plus faible. Certains aliments bloquent le développement des cellules cancereuses et détoxifient l’organisme.

Parmi les « antipromoteurs » des cancers on compte :

le thé vert, le soja, le curcuma-curry, le gingembre, les légumes crucifères (les chous de Bruxelles, chinois, brocolis, choux-fleurs, etc.), ail, oignons, poireaux, échalote, ciboulette, légumes et fruits riches en carotènes (carottes, patates douces, courges, citrouilles, potimarons, tomates, kakis, abricots, betteraves), certains champignons, les algues, les agrumes, les fruits rouges (mûres, framboises, fraises, myrtilles), etc.

Comprendre et se guérir des blessures psychologiques qui alimentent les mécanismes biologiques du cancer

Lydia Temoshok de l’Université de Californie définit les patients atteints de cancer comme « personnalité de type C » (en opposition à la personnalité de type A qui caractérise les patients cardiaques impatients et aux tendances agressives).

Il s’agit souvent des personnes qui, à tort ou à raison, ne se sont pas senties pleinement accueillies dans leur enfance. Leurs parents ont pu être violents ou irascibles, ou bien simplement froids, distants et exigeants. Souvent, ces enfants ont reçu peu d’encouragements et ont développé un sentiment de vulnérabilité ou de faiblesse. Par la suite, pour être aimés, ils ont décidé de se conformer au maximum à ce qu’on attendait d’eux plutôt que de suivre leurs propres penchants. Rarement en colère (parfois jamais !) ils deviennent des adultes « vraiment gentils », « toujours prêts à aider les autres », « un saint-bernard, une sainte ! ». Ils évitent les conflits et mettent leurs besoins et leurs aspirations profondes en veilleuse, parfois pour le restant de leurs jours. Afin de garantir la sécurité émotionnelle (…) ils peuvent se surinvestir considérablement dans un seul aspect de leur vie : leur métier, leur mariage ou leurs enfants. Lorsque celui-ci est soudain menacé ou perdu – par un échec professionnel, un divorce, la retraite ou simplement le départ des enfants de la maison – la douleur vécue dans l’enfance resurgit. Souvent, elle est plus ravageuse encore, parce qu’elle s’accompagne de l’impression que, quoi qu’on fasse, on ne peut y échapper. Ce deuxième traumatisme donne lieu à des sentiments d’impuissance, de désespoir, d’abandon. Et ce sont ces sentiments-là l’impuissance surtout qui peuvent peser gravement sur l’équilibre psychologique et corporel.*

Des psychothérapeutes qui travaillent avec des personnes qui souffrent d’un cancer retrouvent souvent ces problématiques psychologiques. Le sentiment d’impuissance une fois mis à jour et évacué, permet de libérer une surcharge émotive qui empêche de vivre librement sa vie.

Le travail psychothérapeutique permet ainsi de se libérer du stress accumulé dans le passé, de développer des ressources psychiques, de se reconstruire, transformer l’image que nous avons de nous-même et des autres, apprendre à être le plus authentique possible et surtout retrouver le désir de vivre.

Tirer partie d’une relation à son corps pour agir sur son système immunitaire et calmer les inflammations qui font croître les tumeurs.

Le professeur Cadance Pert du National Institut of Mental Health a démontré que le cerveau émotionnel et le système immunitaire s’envoient constamment des messages. Elle a appelé ces interactions un « cerveau-circulant ».

Plusieurs recherches ont démontré par la suite que les globules blancs du système immunitaire sont sensibles au sentiment d’impuissance et à la perte du désir de vie qui en découle. Le système immunitaire rend les armes quand la personne abandonne la lutte avec le sentiment que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. Et cela est autant vrai pour les être humains que pour les animaux.

A l’inverse, à chaque fois quand la personne (re)trouve en soi le désir de vivre, cela marque un tournant dans le cours de sa maladie.

C’est pour cette raison, que dans le travail psychothérapeutique avec des personnes souffrant d’un cancer, après avoir retrouvé et guéri les traumatismes du passé, il est nécessaire de se focaliser sur le sens de la vie et développement de l’élan vital.

En dehors du contexte de psychothérapie il est aussi très utile de travailler les connexions corps-esprit par l’intermédiaire des méditations, du yoga, des arts martiaux internes et externes et des différentes activités plus ou moins sportives (en faisant cependant l’attention pour que ces dernières soient adaptées à nos capacités et nos possibilités du moment).

* David Servan-Schreber : “Anticancer”, Edition Robert Laffont, 2007

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